Sanctions corporelles

La question d’infliger ou non des sanctions corporelles aux enfants est quasi intemporelle. Au Cameroun, il est normal de donner une fessée aux enfants, que ce soit à la maison ou encore à l’école. Je me rappelle encore de mon primaire, quand pendant les dictées la formule était “autant de fautes, autant de coups. Autrement dit, au nombre de fautes faites dans la dictée, des coups de baton/fouet seront donnés. Je n’oublierai jamais comment je me faisais toujours donner 1 ou 2 coups, pour avoir 18 ou 19/20 en dictée… Le souvenir de ces coups est frais dans ma tête que ce que j’ai fait ce matin et j’étais tellement stressée à l’idée d’en recevoir que je commençais à pleurer bien avant que ce soit mon tour. Je n’ai certes pas reçu beaucoup de coups, mais le peu que j’ai reçu m’a traumatisé, d’autant plus qu’à la maison je n’en recevais quasiment pas (excepté quelques gifles ça et là).

Je voyais mes camarades se faire tabasser, souvent par plusieurs maitres d’école pour les plus coriaces. Chez certains élèves ça développait la crainte de coups supplémentaires donc ceux-ci faisaient d’efforts. Chez d’autres, malheureusement la majorité, ça créeait un sentiment de rebellion, ça agravait la tétutesse et ça renforcait leur résistance aux coups si bien qu’ils devenaient insensibles… J’avais même des camarades qui se faisaient battre à l’école par les enseignants, et le soir à la maison par les parents. Je n’ose imaginer dans quel état ils devaient se trouver à l’époque.

Des études ont montré que les enfants trop souvent battus ont tendance à être obéissants en présence du bourreau (qui peut être le parent, l’enseignant etc.) et devenir un délinquant fini quand il est absent. Aussi, les châtiments corporels créent très souvent de gros traumatismes chez les enfants, les rendant nerveux, agressifs, ou introvertis, renfermés.

Au delà des conséquences morales, les conséquences physiques sont présentes, et peuvent parfois êtres importantes: des traces, cicatrices sur le corps en témoignent. Dans des cas ultimes, il peut arriver que l’enfant décède. C’est ce qui est arrivé ce matin à Nguelemendouka, une ville de l’Est du Cameroun où des émeutes ont éclatées après qu’un enfant de 16 ans ait été tabassé à mort par le surveillant général de l’établissement. Les populations se sont massées dans les rues, réclamant les têtes des 2 assaillants. Ces derniers auraient qui pris la fuite.

Que penser après pareil tragédie?

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2 Responses to Sanctions corporelles

  1. Niki Taty says:

    Waouh c’est chaud ça.j’ai été battue à l’école et a la maison aussi à certaines rares occasion et jusqu’à la lecture de ton article là aujourd’hui j’ai toujours pensé que la fessée de temps autre ne pouvait pas faire de mal.Mais ce décès fait froid dans le dos.
    Mais je me demande maintenant par quelle méthode punir suffisamment sévèrement un enfant?

    • Gaell says:

      C’est la question qui tue.

      PErsonnellement, je pense qu’une fessée une fois en passant ce n’est pas mauvais. Mais pas besoin de se mettre à deux ou d’utiliser un fouet…

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