La presse camerounaise et les médias sociaux

Il ya 1 mois j’ai lu un article très intéressant sur Quotidienlejour , et je voulais le partager sur Twitter, mais il n’y’avait aucun lien de partage… Ça m’a interpellé, et j’ai décidé de voir ailleurs, sur d’autres sites web de presse camerounaise s’il yen avait, et qu’elle ne fut pas ma surprise de constater que les médias camerounais basés au Cameroun n’ont pas (ou presque) de liens de partage!!!  J’ai fait un message (dans la section “contactez-nous”) du site du Quotidienlejour, et 2 jours plus tard, les liens de partage étaient disponibles. Coïncidence ou pas, j’en tire la simple conclusion qu’ils n’ont pas eu la présence d’esprit de le mettre plutôt, mais qu’ils sont conscients de l’impact. Sur les autres sites où je suis allée, il n y’avait même pas de section “contactez-nous”, ou tout au mieux des numéros de téléphone: PATHÉTIQUE!!!

Au début des années  2000, toute organisation/entreprise qui se respectait s’est créée un site web, afin de se mettre à jour sur les technologies et aussi de rejoindre sa clientèle sur le maximum de plateformes possible. Ce développement n’a pas échappé aux entreprises africaines, et camerounaises en particulier. J’aimerais cependant m’attarder sur la presse camerounaise, à l’ère du web 2.0.

En effet, depuis les 5 ou 6 dernières années, les différents organes de presse camerounais se sont attelés à marquer leur présence sur le web, en se créant des sites web, qu’ils essaient de mettre à jour quotidiennement. On le sait, Internet n’est pas aussi facile d’accession qu’en Occident, mais il est possible d’avoir une bonne connexion quand même. Ces 2 dernières années, tous (ou presque) ces sites web de presse se sont dotées d’une page Facebook. Tantôt une page “fan”, tantôt un “compte personnel”, ou encore un “groupe”, ce qui est une bonne chose, quand on sait que 500 millions de personnes dans le monde ont un compte Facebook, dont 300 000 camerounais (vivant au Cameroun). Seulement, force est de constater qu’ils ne font pas usage de ces pages. Aucune mise à jour, aucun échange avec les membres/amis/fans du compte, rien du tout. Ce qui est vraiment dommage, car avec les avancés du web, ça ne coute absolument aucun effort de mettre les pages sur Facebook à jour.

Autre média majeur: TWITTER.

On se plaint très souvent qu’on ne parle jamais du Cameroun à l’extérieur, qu’on n’a pas de nouvelles du Cameroun, etc. Avec Twitter, c’est tout à fait possible. Il suffit de s’ouvrir un compte et de poster des nouvelles (comme un statut Facebook, mais avec un max de 140 caractères), en y ajoutant un “hashTag“, ex: #cameroun. De ce fait, toutes les recherches faites sur Twitter sur le Cameroun apparaitront, ainsi que les titres postés par un journal. Je tiens à souligner que ça ne demande pas plus d’effort. Il est possible que tous les nouveaux articles d’un site web soit AUTOMATIQUEMENT ajoutés sur le compte Twitter du site web en question (tout comme cela est possible sur Facebook).

Je citerai en exemple le site web de Camfoot. À chaque nouvel article, un lien vers celui-ci est posté sur sa page Facebook, ainsi qu’un tweet avec les hashtags #cameroun et #cameroon. Ainsi des camerounais (et non camerounais) de partout sur la toile que ce soit ceux fidèles aux sites web traditionnels, ou des accros aux médias sociaux (comme moi) peuvent avoir des nouvelles en temps réel sur le foot au pays.

Autre exemple: tout le monde a été témoin de l’impact de Twitter (surtout) et de Facebook pendant les révolutions en Tunisie et en Égypte. D’ailleurs, Moubarak a fait bloquer l’accès à Twitter en Égypte pendant les manifestations, mais s’était sans compter avec Google et Twitter qui se sont associés afin d’offrir un service connexe avec le même impact que le gazouillis. Plus récemment chez nous MTN a annoncé que son service Twitter mobile était suspendu.

Le monde est dominé par l’information en temps réel, instantané, et les smartphones sont venus renforcer le tout. Nul besoin d’attendre d’être à la maison pour les infos, celles-ci nous rejoignent où que nous soyons grâce aux téléphones dits intelligents :). Dans contexte d’instantanéité et de proximité, il devient plus qu’important d’intégrer les médias sociaux dans les publications. Ça doit devenir un réflexe pour les journalistes et éditeurs, qui se doivent de toujours partager leurs articles sur les réseaux sociaux, afin d’assurer un maximum de visibilité et d’impact.

Voici donc quelques recommandations pour la presse camerounaise qui a à coeur l’information des camerounais tant au pays qu’à l’extérieur, et qui a à coeur de faire connaître le Cameroun:

  • En savoir plus sur les médias sociaux afin de savoir comment en tirer le meilleur.
  • Ouvrir un compte Twitter, et insérer dans le CSS du site web le code HTML qui ajoute automatiquement les nouveaux billets sur Twitter.
  • Mettre à jour régulièrement son compte Facebook, que ce soit par des billets générés automatiquement, ou encore de manière ponctuelle, en répondant aux questions, interragissant avec ses membres.
  • Être proactif, et présent.
  • Sur Twitter, “follow” d’autres organes de presse, ainsi que des gens, qui nous follow, afin d’accentuer le rapprochement (ces gens peuvent aussi fournir de l’information, exemple des tunisiens sur les évènements qui s’y déroulaient).

Comment fonctionne Twitter?

Comment fonctionne Facebook?

Ces 2 documents permettent de mieux comprendre le fonctionnement de Facebook et Twitter, et présentent leurs avantages et inconvénients.

Dans une discussion avec des amis à ce propos, on m’a déjà sorti l’argument selon lequel Internet n’est aussi disponible au pays qu’ailleurs en Europe ou en Amérique. Je réponds à ça que si un journaliste a le temps d’aller sur Internet, écrire un article, écrire même dans son blogue personnel pour certains, il a donc 5 minutes de plus pour partager ces infos dans les réseaux sociaux. Ça veut qu’il peut aussi trouver un autre 10 minutes pour répondre à ses membres, ou pour “follow” plus de personnes sur Twitter, et élargir son réseau sur Facebook.

J’insiste beaucoup sur Twitter car pour en être un membre actif, je vois comment la presse l’utilise pour générer des traffics sur leurs sites, et surtout, ça fonctionne très bine (on s’entend que le contenu du site en question doit être pertinent). Très souvent, je fais des recherches sur le Cameroun (en utilisant le hashtag) mais je trouve seulement des infos des sites web camerounais basés à l’étranger. Rien de nos jounaux locaux (Cameroon Tribune, Mutations, Le Jour, la boussole, la nouvelle expression etc etc), alors qu’ils ont pour la plupart un site web et une page sur Facebook.

Si on veut être pris au sérieux, si on veut être connu, si on veut faire connaître les nouvelles du Cameroun à tous, il faut aller chercher les interlocuteurs là où ils se trouvent. Quand on sait que 5 milliards de minutes sont passées par jour sur Facebook, et 140 millions de  tweets sont partagés chaque jour, je pense que ça devient évident de s’y faire une place. De plus, ça permet de compléter la présence du journal: version papier, version web, partage sur les médias sociaux. Dans tous les cas, c’est win-win et ça ne demande pas plus d’effort :).

Lectures complémentaires:

 

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5 Responses to La presse camerounaise et les médias sociaux

  1. DjiaThink! says:

    Beau boulot, j’aime bien votre point ce vue. Mettre du contenu local sur la toile est le grand défi du Cameroun.

  2. Serge TCHAHA says:

    J’espère que les médias du pays t’écouteront.

    Tu m’as convaincu.

    Go ahead.

    As-tu lu l’ouvrage de la québécoise Michelle Blanc, il s’appelle “Médias sociaux 101” ?

    Par ailleurs, son site Web, c’est : http://www.michelleblanc.com, je crois.

    ST.

    • Gaell says:

      Et comment! Je suis au fait de ses textes et idées. Elle m’inspire beaucoup dans le domaine 🙂

      Merci Serge, je l’espère aussi! à propager svp 🙂

      xxx

  3. BOnaberi.com says:

    Flux RSS, Twitter, Facebook, Bonaberi.com est parfaitement au point dessus !

  4. Justin says:

    Comme la très très large majorité des entrepreneurs camerounais, les dirigeants de nos entreprises de presse sont frappés de myopie stratégique. Tant qu’on vend, tout va bien…peu importe s’il y a des opportunités d’innovation. C’est ainsi que lorsque l’un finit par innover (après avoir constaté (enfin!) un GROS manque à gagner), tous se mettent (naïvement parfois) à la copie. Il ya une horrible carence de visionnaire dans ce pays. “PATHETIQUE” comme l’a si bien dit l’auteur de cet article ô combien interessant.

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